Surréalisme, l'histoire d'un grand mouvement artistique

Le rêve versus l’abstraction : les branches du surréalisme

Branches du surréalisme

Alors que nombre d’artistes surréalistes cherchent à recréer le monde onirique des rêves, l’autre moitié des membres se verse plus dans un art qui avoisine, et qui contribuera à donner plus tard, l’expressionnisme abstrait.

Un mouvement aussi étendu et rassemblant autant d’artistes que le surréalisme ne peut pas suivre une ligne esthétique, ou même philosophique, très serrée : tant d’esprits créateurs convergeant sur une même théorie sont voués à diverger à un moment où à un autre. De plus, le surréalisme, dont les trois mots d’ordre sont amour, liberté, poésie, laisse place à l’inventivité et à l’originalité.

Première branche surréaliste

La première branche, que l’on pourrait qualifier d’illusionniste, rassemble des artistes tels que Salvador Dalí, René Magritte, Yves Tanguy et Max Ernst. Moins intéressés par l’interprétation des rêves que par la capacité créatrice possible grâce à ceux-ci, les illusionnistes veulent créer des représentations réalistes d’état de sommeil ; dans leurs œuvres, les membres de cette branche du surréalisme incorporent des éléments de la nature, des animaux et même des figures humaines. Cependant, à la manière des éléphants en échasses ou des montres coulantes de Dalí, les éléments réalistes tels qu’on les connaît subissent souvent des modifications hors de l’ordinaire dans ces toiles surréalistes. Les artistes de cette branche cherchent à créer un inconfort chez le spectateur, que ce soit en déformant l’ordinaire ou bien en associant des objets qui n’ont rien à voir dans la réalité, comme dans le Toréro hallucinogène de Dalí, dont la tête est imprimée entre deux Vénus de Milo, ou bien encore dans l’Invention collective de Magritte, qui présente une absurde figure à corps de poisson et à jambes d’homme.

Les artistes qui ne penchent pas du côté de l’illusion penchent plutôt de celui de l’abstraction. Parmi les partisans du surréalisme abstrait, on compte par exemple Joan Miró, André Masson, Roberto Matta et certaines œuvres de Max Ernst, qui ne se classent pas dans l’illusion. Les œuvres de cette branche du surréalisme se caractérisent entre autres par leur automatisme aigu, qui élimine toute représentation figurative, pour permettre à l’auteur — et par le fait même au spectateur — de comprendre pour lui-même les éléments et l’univers d’une œuvre. Jouant avec les formes et les couleurs, l’Oiseau lunaire et les autres sculptures que Miró produit juste après la Seconde Guerre mondiale ne ressemblent à rien d’autre vu en sculpture jusque là. Dans les années 30, juste avant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs artistes européens, dont certains surréalistes, doivent fuir l’Europe pour moult raisons et s’embarquent donc pour l’Amérique. Cette vague d’immigration aura une part d’influence sur l’émergence, dans les années 1940, à New-York, de l’expressionnisme abstrait. Le surréalisme abstrait aura été un passage entre surréalisme pur et expressionnisme abstrait, dans lequel s’égareront, l’espace d’une toile ou deux, d’aussi grands noms que Jackson Pollock, Arshile Gorky et Robert Motherwell.

Citation par Joan Miro

“Ce qui est important, ce n'est pas de finir une oeuvre, mais d'entrevoir qu'elle permette un jour de commencer quelque chose.”
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Dali
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